Cogitation dixième

Quand j'étais petite je me rappelle que ma mère nous emmenait moi et mon frère à la bibliothèque tous les mercredis. J'avais pour habitude de trouver un livre dont la couverture me plaisait dans la section enfants et de regarder les images. Parfois je l'empruntait et ma mère me le lisait. J'attendais avec impatience d'apprendre à lire pour pouvoir découvrir tous ces mondes magiques qui jusqu'à présent m'étaient inaccessibles sans l'aide d'un adulte.

Lors de ma première semaine de CP, j'ai appris d'une traite l'alphabet et la lecture. Et le mercredi suivant je me suis jetée sur un petit livre illustré dont le personnage principal était un diplodocus, et j'ai fièrement lu chaque phrase à ma mère. J'étais tellement heureuse !

C'est donc étrange que par la suite, j'ai complètement abandonné la lecture. En vérité c'était la faute aux cours de français et à leur programme : lecture de classiques beaucoup trop ennuyeux pour mon cerveau d'enfant, analyses littéraires parfaitement ridicules - les rideaux sont bleus parce que l'auteur veut signifier la tristesse du personnage. Et bien moi je penses que l'auteur aime peut-être juste le bleu, et il aime encore plus l'argent, car, payé à la ligne, il se permet de nous décrire ces fichus rideaux pendant 3 chapitres.

Bref, j'ai été profondément dégoûtée de la lecture pendant un certain temps après cela. Heureusement j'ai retrouvé mon chemin l'année de mes 14 ans, quand, trop impatiente d'attendre la sortie du 4ème film Harry Potter, je me décide à lire le pavé qui continue l'histoire sur le papier malgré mon appréhension face à ce medium. Et grand bien m'en a pris, car maintenant, 20 ans plus tard, j'ai lu plus de 1000 ouvrages et la lecture est ma passion numéro une, l'activité que je dois pratiquer chaque jour sous peine de ressentir un manque digne des plus grand drogués.

Et je ne regrette rien.

J'estime que rien ne vaut un bon livre et que oui, le livre est toujours meilleur que le film. J'aime les livres expérimentaux et les livres ennuyeux où il ne se passe rien, et, oserais-je le dire, les classique qui décrivent les rideaux pendant 3 chapitres, du moment que c'est bien écrit.

Comme on dit il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

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